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DEVOIR DE MÉMOIRE.

🇧🇯 2 septembre.

Si, feu Général Mathieu Kérékou était encore de ce monde, aujourd'hui, 2 septembre 2017, il aurait 84 ans.
En souvenir des traces indélébiles laissées par l'homme dans les anales de l'histoire de notre pays, le Bénin, nous vous proposons, ce jour, quelques petits extraits du livre: MON COMBAT POUR LA PAROLE: Les défis d'une mobilisation citoyenne pour la promotion de la gouvernance démocratique, de Mme Rekya Madougou, édition L'Harmattan, 2009.

Les affirmations que vous allez lire avaient suscité de vives contestations, aussi bien de la part de la famille Kérékou que de certains citoyens béninois. Nous serons honorés d'avoir votre opinion. Bonne lecture.


EXTRAIT 1:  << En République du Bénin, la période de mai 2003 à février 2006 a été marquée par la persistance d'une folle rumeur, ou d'une série de folles rumeurs. Celles-ci avaient toutes un lien plus ou moins direct avec la fin du mandat constitutionnel du Président Mathieu Kérékou. Président atypique en Afrique, pourrait-on être tenté de dire!

Père de la Révolution marxiste qui a suscité crainte et effroi, parfois respect et admiration dans les années 70 et 80, son règne monolithique et autocratique a conduit le pays à un désastre économique et social sans précédent. Mais contrairement à nombre de pays où une telle situation a provoqué littéralement des violences politiques, voire ethniques de toutes sortes, le Bénin a brillé par son originale Conférence des Forces vives de la Nation. Celle-ci a permis une grande dédramatisation dont le processus de démocratisation s'est servi comme rampe de lancement, notamment avec l'alternance au sommet de l'État en 1991.>> Introduction. page 15

 EXTRAIT 2
<< ... De telle velléités ne se justifiaient que par l'unique souci de poursuivre des habitudes délétères et de maintenir un système de corruption, de clientélisme et de prévarications aux tendances mafieuses que KEREKOU semblait couver par sa passivité coupable sur fond d'impunité complice.

Si tant est que Kérékou était le meilleur Président que pouvait s'offrir le Bénin, pourquoi sous son règne, autant de scandales de tous genres (notamment politico-financiers) étaient restés impunis? Pire encore, certains auteurs ou complices de crimes économiques étaient souvent couverts, voire promus. Le peuple qui ne souhaitait que son bien-être et une réelle démocratie était-il pour autant ignorant de ces dérives ?>> Pages 17

EXTRAIT 3
<<La mauvaise gouvernance s'érigeait en règle de gestion de la cité. Le népotisme devenait le sport quotidien de nombreux hommes politiques. Même dans l'opposition politique, le Parti la Renaissance du Bénin, aigri et frustré du pouvoir, affaibli par ce dernier, n'a pu s'empêcher de devenir un parti littéralement managé par les seuls membres d'une famille. La Présidente du parti a préféré coopter ses fils à siéger à l'Assemblée nationale et au Conseil municipal de la capitale économique du pays, Cotonou. Il est vrai que les valeurs démocratiques devant guider la gestion des partis politiques n'excluent pas la participation de la famille, mais tout de même ce grand parti regorge de cadres éminents, compétents et pétris d'expérience.>> page 38

EXTRAIT 4 
<<Dans le cas des dernières années de règne de Mathieu KEREKOU, la dégénérescence a été profonde du fait du silence coupable du premier acteur. Les hommes politiques et ministres du gouvernement n'ont certainement pas été rappelés à (comprendre) leur devoir de rendre compte de leur gestion des affaires publiques. Pire, ils ne croyaient plus à l'échéance même d'en rendre compte. Du coup, chacun y est allé de son assurance plus ou moins arrogante dans la prévarication, le détournement et autres abus de bien sociaux, sans la crainte de l'opinion. La presse et les ONG lançaient leurs cris dans un vide dont l'écho rapportait d'autres scandales et rumeurs, tous de plus en plus inquiétants sur le désir de  Kérékou, ou en tout cas de ses proches, de modifier la Constitution du Bénin pour se maintenir au pouvoir.>> page 40

CERICAD

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