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ACCÈS ÉQUITABLE AUX MÉDIAS DE SERVICE PUBLIC : Marche de l'Union fait la Nation sur l'ORTB le 5 septembre 2013

DEVOIR DE MÉMOIRE

🇧🇯 5 septembre 2013


Le 5 septembre 2013, l'Union fait la Nation (UN) avait marché sur l'ORTB pour exiger le respect des textes de la république sur l'accès équitable aux médias de service public.

Inutile de vous rappeler tous les excès qui furent ceux de ce régime en matière de communication, d'accès équitable aux médias du service public, de liberté de presse avec une HAAC impuissante et décevante.
Mais le but de notre rappel de ce jour, consiste essentiellement à nous interroger. À nous demander si d'hier à aujourd'hui, ces dérives qui furent naguère imputées à l'ORTB ont cessé ou persistent. Est-il encore difficile aujourd'hui pour un opposant d'avoir accès aux médias du service public?

Nous vous proposons à l'occasion de ce feeed back, l'intégralité de la déclaration de l'UN à la fin de cette marche.

Déclaration
La Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 avait opté résolument pour un système partisan pluraliste. Aussi la Constitution du 11 décembre 1990, ne son article 5, place-t-elle les partis politiques au cœur de l’animation de la vie publique. Pour accomplir leur mission, la Charte des partis leur garanti, en ses articles 10 et 11 « un accès équitable aux moyens officiels d’information et de communication » pour « exprimer leurs opinions sur toute question d’intérêt local, national ou international ».
Il est alors fait obligation à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, conformément aux dispositions des articles 24, 142 et 143 de la Constitution, de : 
- veiller au respect de la déontologie en matière d’information et d’accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d’information et de communication ; 
- garantir l’autonomie et l’impartialité des moyens publics d’information et de communication ; 
- veiller à favoriser et à promouvoir la libre concurrence ; 
- veiller à ce que les organes de presse ne fassent pas l’objet de concentration afin de maintenir le caractère pluraliste de l’information et de la communication.
Si pendant longtemps, la Haac s’était plus ou moins acquittée de cette obligation constitutionnelle en publiant des statistiques sur les taux d’occupation des média par les différents animateurs de la vie publique nationale, force est de constater son mutisme complice face à la monopolisation et à la caporalisation de ces média depuis l’avènement du régime Boni Yayi. En violation flagrante et permanente de la Constitution, ce régime a confisqué les média publics pour les transformer en organes de propagande du gouvernement et de son Chef ainsi que des partis politiques, associations et groupuscules de la mouvance présidentielle. Le culte de la personnalité du Président de la République a remplacé l’information et la formation des citoyens.
L’Union fait la Nation avait salué les protestations des travailleurs de l’Ortb contre ces dérives et continue de les soutenir. Chacun se souvient encore de leurs dénonciations patriotiques et courageuses contenues dans la lettre adressée au Directeur Général en date du 13 octobre 2010. Ils y stigmatisaient : 
- le manque d’expression d’opinions plurielles sur les antennes ; 
- l’absence de débats contradictoires sur les écrans de la télévision nationale et à la radio nationale ; 
- la prépondérance des faux débats commandités, ficelés dans la précipitation et animés par le Directeur de la Télévision en personne, en marge des services habituellement commis à cette tâche ; 
- des débats programmés et déprogrammés au dernier moment pour des raisons inavouées ; 
- les reportages programmés et annulés, montés et non diffusés ou interrompus en pleine diffusion ; 
- les éléments du journal annoncés en titre et sucrés en cours d’édition au grand dam du présentateur et des téléspectateurs ; 
- les manœuvres du Directeur Général visant à empêcher une partie de la classe politique de s’exprimer sur la Chaîne de Service Public ; 
- le harcèlement et l’humiliation au quotidien des agents en charge de l’information et des magazines d’actualité ; 
- l’irruption, de jour comme de nuit, du Directeur de la Télévision à la Rédaction du Journal télévisé, aux services de reportage, de montage et de diffusion en vue de soustraire ou d’introduire des cassettes, des émissions, des images ou des bouts de phrases, au mépris des procédures habituelles et de la déontologie ; 
- les ordres et les contre ordres donnés par des responsables empêtrés dans des conflits de compétence, de leadership et d’intérêts.
L’Union Fait la Nation s’est particulièrement investi depuis plusieurs mois dans la dénonciation de cette situation qui consacre le boycott systématique des partis politiques, notamment de l’opposition, et le sabotage de la couverture médiatique de leurs activités. Dans le même temps, elle a adressé de nombreuses correspondances à l’Ortb pour solliciter des émissions de réaction aux déclarations gouvernementales, de présentation de ses propositions à la Nation ou de commentaires de l’actualité nationale et internationale.
Jusqu’à ce jour, les dirigeants de l’Ortb ont opposé un mépris arrogant à nos demandes, s’obstinant à ne point répondre et se refusant même à appliquer les dispositions contenues dans la Décision 98-050/Haac du 17 juin 1998 qui prescrit en son article 3 : « Pour l’animation de la vie politique nationale, il est attribué à chaque parti politique ou à chaque alliance de partis, représentés à l’Assemblée Nationale, une tranche horaire mensuelle à la radio, à la télévision et des espaces rédactionnels dans le quotidien « La Nation » ».
Après dix huit mois de combat sans succès et face à l’impuissance de la Haac, l’Union fait la Nation décide de recourir à de nouvelles formes d’actions pour exiger : 
- le bénéficie immédiat des temps d’antennes prévus par la décision n° 98-050/Haac du 17 juin 1998 avec la fixation du jour et de l’heure des émissions. 
- la programmation, ici et maintenant, d’une émission destinée à faire connaitre ses points de vue sur les questions d’intérêt national de l’heure, comme cela était indiqué dans sa lettre du 31 juillet 2013, restée sans réponse comme à l’accoutumée. 
- la garantie d’accès aux organes publics d’information chaque fois que le gouvernement ou ses partisans posent des actes ou se prononcent sur des faits ou des questions politiques, sociales ou économiques d’intérêt national. 
- l’organisation de débats contradictoires, à sa demande, pour éclairer l’opinion publique.
L’Union fait la Nation rappelle aux dirigeants de l’Ortb et à leurs supérieurs hiérarchiques les dispositions des articles 11 et 12 de la loi 2001-36 du 14 octobre 2002 qui stipulent, entre autres, que « toute entrave ou toute tentative d’entrave à l’exercice des droits et des activités politiques des partis de l’opposition par un responsable administratif, par un individu ou groupe d’individus est interdite et sanctionnée par une peine de un (01) à deux (02) ans d’emprisonnement et une amende de cinq cent mille (500.000) à cinq millions (5.000.000) de francs Cfa ou de l’une de ces deux peines seulement ». Elle se réserve le droit de saisir les tribunaux pour sauvegarder ses droits.
L’Union fait la Nation en appelle à tous les patriotes et à tous les démocrates pour qu’ils se mobilisent contre la liquidation des acquis de la Conférence nationale des forces vives de la Nation et le déclin national.
Vive l’Union fait la Nation !
Vive la liberté
Vive la démocratie !
Vive le Bénin !
Fait à Cotonou
le 5 Septembre 2013
L’Union fait la Nation.

CERICAD

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