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AFFAIRE ICC-SERVICE: Conseil des Ministres du 3 août 2010


Le Conseil des Ministres s’est réuni en séance extraordinaire le mardi 03 août 2010, sous la présidence effective de son excellence Docteur Boni YAYI, Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, pour procéder à l’évaluation de la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays et pour apprécier l’évolution de la situation politique qui y prévaut.

Le Conseil des Ministres constate avec bonheur que la fête de l’Indépendance s’est déroulée dans la sécurité et la quiétude sur toute l’étendue du territoire national, et a connu une participation massive des populations dans la plupart de nos grandes villes. Elle a connu son point d’orgue à Porto-Novo où se sont déroulées les manifestations officielles avec le défilé militaire auquel ont assisté de nombreuses délégations étrangères conduites par les Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays amis et frères.

Le Gouvernement, eu égard à cette  participation massive et à la présence record de troupes militaires et de Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays frères et amis du Bénin tient à :

-                                  adresser, au nom du peuple béninois, ses sincères remerciements et sa gratitude aux Présidents de la République, Chefs d’Etat et de Gouvernement et aux Chefs de délégation qui ont, de façon amicale et fraternelle, rehaussé et honoré de leur auguste présence, les festivités du 1er août 2010 ;

-                                  féliciter tout le peuple béninois et les comités d’organisation à tous les niveaux pour la préparation correcte et leur participation massive à la célébration du cinquantenaire de l’accession de notre pays, le Bénin à la Souveraineté Internationale ;

-                                  féliciter de façon spéciale les Forces de Défense et de Sécurité du Bénin (Armée, Gendarmerie, Police, Sapeurs Pompiers, Douane, Eaux et Forêts), les détachements des forces armées étrangères et les majorettes, pour la qualité de leur participation au défilé.

Appréciant l’évolution de la situation politique actuelle de notre pays, le Conseil des Ministres constate avec indignation que certains hommes politiques relayés par une certaine presse en quête de nouvelles sensationnelles, se sont livrés, sous l’alibi de l’Affaire ICC Services et Consorts, à la diffusion de messages alarmistes et tronqués sur fond de mensonges, de désinformations et d’intoxications dans le dessein inavoué mais perceptible de jeter le discrédit sur notre pays et sa démocratie, de déstabiliser le Gouvernement et le Président de la République en particulier, de jeter le désarroi et le doute dans l’esprit des populations et dans  celui des délégations étrangères, et ce faisant, de perturber la célébration de la fête du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Ces hommes politiques ont poussé l’outrecuidance en publiant, la veille de cet important événement, une lettre par laquelle ils sollicitent de l’Assemblée Nationale, la poursuite du Président de la République devant la Haute Cour de Justice pour un prétendu parjure et une forfaiture imaginaire. Ils ont malheureusement échoué dans leur vil dessein et la fête a eu lieu dans la ferveur et la liesse populaire.

Mais, le Gouvernement s’interroge sur les motivations réelles qui fondent l’escalade de cette catégorie de béninois dont la haine et la méchanceté gratuites et sans borne se sont à nouveau manifestées la veille de la célébration de la fête nationale du 1er août 2010 alors que les délégations des Présidents et Chefs de Gouvernement étrangers étaient déjà présentes sur notre sol. Le Gouvernement trouve curieuses la précipitation et les surenchères de ces hommes politiques qui veulent se disculper face à l’Affaire ICC et Consorts dans laquelle leur responsabilité est entièrement engagée. En effet, il est permis de se demander : 

-                                  pourquoi n’ont-ils pas réagi, comme ils savent si bien le faire en d’autres occasions, pour s’opposer aux activités illégales de ICC Services et Consorts dans lesquelles, selon les renseignements recueillis,  certains parmi eux et leurs collaborateurs sont partie prenante ?

-                                  pourquoi de façon fébrile, s’empressent-ils de brouiller l’opinion publique nationale et internationale par une escalade verbale et informationnelle alors qu’une enquête judiciaire est ouverte et divers comités à pied d’œuvre et dont ils  n’attendent pas les résultats des travaux menés pour situer les tenants et les aboutissants dans cette crise ?

-                                  si les échéances électorales de 2011 suffisent-elles à justifier les démesures et autres déviances observées chez certains hommes politiques béninois par rapport à l’observance de la loi et au respect de l’autorité légitime ?

-                                  pourquoi face à une crise morale profonde caractérisée dans notre pays par l’amour du gain facile, ces politiciens s’accrochent-t-ils à l’épiphénomène qu’est l’Affaire ICC Services et Consorts.

Eu égard à tout ce qui précède, le Gouvernement tient à rassurer l’opinion publique nationale et internationale que, contrairement aux messages alarmistes et tronqués sur fond de mensonges, de désinformations et d’intoxications distillés dans la presse et sur Internet, le Bénin demeure un pays paisible qui se construit progressivement à son rythme.

Il :
-                                  invite la diaspora béninoise aujourd’hui abusée par les intoxications, à garder le calme, la sérénité et à se rendre à l’évidence que les signaux politiques, démocratiques, économiques, sociaux et culturels de notre pays ne sont pas au rouge et qu’il n’y a pas péril en la demeure ;

-                                  appelle la classe politique à la retenue dans ses actes, déclarations, écrits et comportements quotidiens pour préserver la paix et la stabilité démocratique dans notre pays.

Pour leur part, le Gouvernement et son Chef, le Président de la République, Chef de l’Etat, observent la sérénité et l’esprit de responsabilité nécessaires à la gestion efficace de cette crise dont l’envergure sous régionale prouve que ce fléau n’est pas l’apanage de notre pays.

C’est l’occasion de souligner que, de tous les pays africains frappés par un tel fléau illégal de collecte d’épargne et de placement de fonds, seul le Gouvernement du Bénin a organisé la gestion de la crise qui en est née en mettant en place un dispositif administratif et judiciaire qui a déjà permis de :

recueillir beaucoup d’informations substantielles ;

opérer des gels de comptes bancaires et identifier les biens appartenant aux responsables de ICC Services et Consorts ;

lancer le recensement exhaustif des déposants ;

diligenter les enquêtes judiciaires ;

évaluer déjà partiellement l’ampleur du phénomène de collecte et de placement informels de fonds dans notre pays ;

 prendre des sanctions et mesures conservatoires qui s’imposent à savoir :  limogeages, sanctions administratives, mise en résidence surveillée, détention préventive,placement en garde à vue, emprisonnements, mise sous scellés, suspension d’activités illégales, blocage de comptes bancaires ; 

poursuivre, sans désemparer, les opérations de recensement des déposants spoliés qui permettront à terme d’obtenir une vue réelle sur ce dossier et d’obliger les escrocs de ICC Services et Consorts à rembourser tout ou partie de l’argent dont ils ont spolié les béninois.

Le Gouvernement invite donc les citoyens victimes de l’escroquerie de ICC Services et Consorts à faire confiance en ce dispositif et exhorte l’ensemble de la population béninoise à continuer de communiquer aux différentes structures officielles mises en place toutes les informations en sa possession, susceptibles de contribuer à un dénouement rapide et efficient de la crise ICC Services et Consorts.

A l’égard de la presse nationale et internationale, le Gouvernement affirme la disponibilité de tous ses membres à lui fournir les informations officielles dont elle a besoin par rapport à la gestion de cette affaire ICC Services et Consorts et l’invite à faire preuve de professionnalisme et d’équité dans le traitement de l’information. En tout état de cause, les Autorités compétentes prendront leurs responsabilités à l’encontre de tout organe de presse en cas de manquement à la déontologie de la profession.

Fait à Cotonou, le 03 août 2010

Le Secrétaire Général du Gouvernement,

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